POLITIQUE : Sur la liberté de croyance religeuse

La Chine est un pays socialiste et le Parti communiste préconise l'athéisme. Mais pourquoi pratique-t-il une politique de libre croyance?

En tant que philosophie matérialiste, le marxisme s'oppose non seulement à la conception idéaliste du monde des religions, mais il se propose d'atteindre l'objectif de "délivrer" les masses populaires du joug que leur imposent les religions. Combattre le théisme est donc le principe fondamental du matérialisme et du marxisme. Pourtant, si les religions peuvent subsister, c'est parce qu'elles ont non seulement des raisons économiques, mais surtour des raisons idéologiques. Le point de vue selon le quel les religions disparaîtront rapidement et automatiquement au fur et à mesure du développement de l'économie, des sciences et des techniques n'est pas réaliste. Il faut donc arrêter de justes principes politiques sur la religion. Garantir la liberté de croyance religieuse en est un.

Une politique fondamentale

La liberté de croyance religieuse stipulée par le Constitution est en réalité la politique fondamentale de notre partie et de notre pays en matière de religion. Selon cette politique, les citoyens ont la liberté de croire ou de ne pas croire; la liberté de pratiquer telle religion ou telle autre; la liberté d'adhérer à telle secte ou telle autre; la liberté de croire aujourd'hui et de ne plus croire demain ou de ne pas croire aujourd'hui et de croire demain; les écclésiastiques ont la liberté de prôner le théisme dans les lieux religieux et les athées ont la liberté de propager l'athéisme. Tous les citoyens, croyants ou non-croyants, ont, en vertu de la Constitution, le devoir d'aimer la patrie et de soutenir le socialisme et la direction du Parti communiste et s'unir étroitement pour faire de la Chine une puissance socialiste moderne, hautement démocratique et cultivée. Et pour cette raison, il faut établir explicitement que la religion ne peut violer la Constitution et les lois, ni proceder à l'exploitation et à l'oppression religieuses, et que toutes les organisatioons religieuses ne peuvent accepter les dons faits par celles de l'étranger. Autrement dit, les milieux religieux doivent être patriotiques, et leur croyance ne peut être qu'individuelle.

L'origine des religions

Après avoir étudié de façon approfondie les religions - un phénomène social - et en avoir analysé à fond l'origine sociale et idéologique de l'apparition et de l'existence, le marxisme estime que les religions ne sont qu'un produit de l'oppression natuelle et socialle; elles représentent une conception du monde inversée qui s'est engendrée dans certaines conditions historiques pendant les quelles l'humanité restait encore incapable de connaître la loi objective de la nature, de la société et d'elle-même. Tant que l'homme ne pourra pas résister efficacement à l'oppression des forces natuelles et sociales, ni les vaincre, les religions subsisteront. Bien sûr, la religion n'est pas éternelle. Après la suppression du système d'exploitation, avec le développement de la production, la prospérité de s sciences et des techniques, l'amélioration de la vie matérielle et culturelle du peuple et l'élévation de la conscience idéologique et de la capacité de connaissance des masses populaires, l'influence des religions se réduira graduellement jusqu'à leur disparition. Mais cela doit passer par une très longue période. tant qu'il y a des religions, il y a des croyants. C'est un fait objectif. La Chine n'a-t-elle pas maintenant un certain nombre de gens qui pratiquent une religion? Nous devons reconnaître ce fait objectif et à partir de ce fait définir notre politique religieuse.

En outre, la croyance religieuse est une question idéologique. A cet égard, on ne peut la résoudre que par la méthode de persuasion, en élevant le niveau de conscience du peuple. Ce serait effort vain si l'on cherchait à intedire la croyance religieuse ou "supprimer" les religions par ordre administratif. Dans l'histoire de Chine et d'autres pays, il y a eu plusieurs tentatives d'abolir par la force les religions. Le résultat fut qu'on assenait un ou deux coups à ces dernières, mais en fin de compte, on stimulait par contre la folie religieuse. F.Engels critiqua sévèrement cette façon d'agir, en disant que c'était un action sotte qui "sert le Dieu".

Intérêt commun

Si la grande majorité des croyants sont des travailleurs, ils ont toutefois une conception du monde bien différente de celle des marxistes, et ils voient les choses d'une manière très différente des personnes athées. Or, ces différences n'empêchent pas qu'ils aient tous un intérêt économique commun et suivent une même orientation politique. Les marxistes estiment que ces identités sont plus importantes que la croyance. En réalité, durant la révolution de démocratie nouvelle comme la révolution socialiste, peu de conflits ont éclarté parmi les populations chinoises à cause des problèmes religieux, et aucun différend religieux ne s'est développé dans l'ensemble du pays. La grande marjorité des croyants chinois soutinnent le socialisme et la direction du Parti communiste. Aujourd'hui en particulier, le peuple chinois s'attaque aux quatre modernisations pour faire de la Chine une puissance socialiste prospère; ce sont la aussi bien les aspirations enflammées des athées que la volonté sincère des croyants. a condition qu'on poursuive la politique qui préconise la liberté de croyance, les croyants, de concert avec les athées, montreront un plus grand enthousiasme pour travailler aux quatre modernisations.

La Chine compte un grand nombre de nationalités qui pratiquent diverses religions. L'histoire de certaines nationalités minoritaires est en fait constituée par un mélange de la pratique religieuse et de leurs traditions nationales. les Hui, les Ouïgours, les Kazakh et sept autres nationalités sont de musulmans; les Tibétains, les Mongols, les Dai, les Yugur et autres pratiquent quant à eux le bouddhisme (y compris le lamaïsme), alors que le christianisme exerce une assez grande influence parmi les Miao, les Yao et les Yi. C'est pourquoi, si nous ne devons pas confondre les problèmes religieux avec les problèmes nationaux, nous devons quand même nous rendre compte de leurs liens étroits. Il faut donc permettre la liberté de croyance, si on veut résoudre judicieusement les problèmes nationaux, renforcer l'unité entre les diverses nationalités et développer cette grande famille qu'est la nation chinoise.

En plus d'être une idéologie, la religion constitue dans la vie politique internationale une force sociale qu'on de saurait négliger. Dans le monde d'aujourd'hui, environ 61% des populations ont une foi religieuse. En pratiquant la liberté de croyance, nous pouvons accroître les contacts amicaux et les échanges culturels avec les autres peuples du monde.

Par ce qui précède, nous comprenons bien pourquoi notre parti et notre Etat pratiquent la liberté de croyance, qui, au lieu d'être une politique occasionnelle, est un principe de base à long terme qu'on applique à légard des problèmes religieux.

Auteur : Lei Zhenchang

Source : BEIJING INFORMATION N° 46 16 novembre 1981

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