Les religions en Chine

LE bouddhisme, le taoïsme et l’islamisme coexistent dans notre pays, de même que le catholicisme et le protestantisme. Les trois premiers, en raison de leur longue histoire en Chine, ont exercé une influence plus ou moins profonde sur le développement culturel, les moeurs et les coutumes du peuple chinois.

Le bouddhisme

Le bouddhisme pénétra dans le Nord-Ouest de la Chine à partir de l’inde dès le troisième siècle avant J.-C. Il s’est développé dans les régions où habitaient les Han (nationalité han) environ au 1er siècle après J-C. Dès le 4e siècle, devenu populaire grâce au soutien impérial, il s’est acquis une place de choix parmi les religions chinoises. Sous les dynasties des Sui et des Tang (6e_10e siècles), la popularité du bouddhisme atteignait son point culminant.

Avant la Libération, les adeptes du bouddhisme étaient nombreux en Chine. D’après les statistiques incomplètes, il y avait environ 500 000 bonzes et bonzesses et 50 00() temples bouddhistes en 1949.

Le premier congrès bouddhiste, au cours duquel fut créée l’Association des bouddhismes de Chine, a eu lieu en 1953. Nombre de temples célèbres tels que le temple Guangji de Beijing, le temple Lingyin de Hangzhou, le monastère Zuglakang (Jokhan) au Tibet furent placés sous la protection du gouvernement. Les précieux vestiges culturels du bouddhisme tels que les fresques murales de Dunhuang et les grottes de Longmen furent déclarés des « trésors nationaux ». Des organismes spéciaux consacrés aux travaux d’entretien et de recherche de ces vestiges furent institués.

Depuis la Libération, les bouddhistes chinois ont établi des liens avec des individus ou des organisations bouddhistes dans une vingtaine de pays et ont envoyé des délégations aux conférences mondiales sur la religion.

Le taoïsme

Le taoïsme, religion de la nationalité han, fit son apparition aux environs du 2e siècle après J-C. à la fin de la dynastie des Han de l‘Est. On racontait que son créateur et fondateur était Zhang Daoling. Laozi (Li Er) était considéré comme son maître, et son ouvrage Dao Do Jing en constituait la doctrine principale.

Dans la société féodale chinoise, le taoïsme était devenu une force religieuse aussi puissante que le bouddhisme. Mais son déclin s’amorça sous la dynastie des Ming (1368-1644) et à la veille de la Libération, il ne subsistait que 20 000 temples taoïstes (lieux d’activité religieuse) et quelque 40 000 disciples.

Après la Libération, les personnalités des diverses écoles taoïstes se réunirent et fondèrent l’Association des taoïstes de chine en avril 1957 à Beijing. Au cours des trente dernières années, un important effort fut fourni afin de maintenir et protéger les principaux temples taoïstes. On en citera tout particulièrement un sur la montagne Qingcheng dans la province du Sichuan. et un autre, sis sur une montagne de la province du Hubei.

L’islamisme

L’islamisme fit son apparition en Chine vers 651 après J-C. avec l’arrivée d’un grand nombre de savants et de disciples islamiques, de voyageurs et de commerçants, par voie terrestre et maritime depuis l’Asie occidentale et l’Afrique du Nord. Des mosquées furent alors construites dans certains villes et bourgs chinois.

Avant la Libération, les Hui, les Ouïgours, les Kazakh ainsi que les membres de sept autres nationalités étaient les principaux adeptes de l’islamisme. Au lendemain de la Libération on comptait environ dix millions de musulmans en Chine.

Après la fondation de la Chine nouvelle, les musulmans, de même que tous ceux qui partageaient des convictions religieuses, ont j oui pleinement du droit de liberté de croyance religieuse. En mai 1953, le premier congrès islamique s’est ouvert à Beijing et l’Association islamique de Chine fut formellement fondée. Depuis la Libération, les milieux islamiques chinois ont organisé onze voyages de pèlerinage à la Mecque. Les délégués chinois ont assisté à plusieurs reprises aux conférences internationales islamiques.

Le catholicisme

Le catholicisme s’est introduit en Chine en 1582 sous la dynastie des Ming. Il commença à se développer après la guerre de l’Opium en 1840. Il y avait, selon les statistiques de l’église chinoise, au seuil de la Libération, environ 3 millions de catholiques.

Un congrès catholique tenu en juillet 1957 à Beijing a proclamé l’établissement de l’Association des catholiques patriotes de Chine. Les résolutions adoptées au congrès stipulaient que l’église catholique chinoise devait s’opposer au contrôle du Vatican et déclarer publiquement son indépendance.

Le protestantisme

Le protestantisme, dont l’influence fut peu importante, apparut pour la première fois en Chine en 1807. Des missionnaires occidentaux arrivèrent en Chine dans les années 30 du 19e siècle et en particulier après la guerre de l’Opium en 1840. A la veille de la Libération, on comptait environ 700 000 protestants.

Après la fondation de la Chine nouvelle, les protestants chinois s’opposèrent à la mainmise de l’Eglise étrangère. En juillet 1950, Wu Yaozong et d’autres protestants patriotes publièrent une déclaration sur .la voie des efforts déployés par les protestants dans la construction chinoise, appelant les protestants de tout le pays à se débarrasser de l’influence impérialiste. Ils défendaient en outre l’opinion que l’Eglise chinoise devait jouir de l’autonomie dans ses propres affaires, estimant qu’il lui incombait de se subvenir et de propager la foi par ses propres efforts. Les protestants chinois appuyèrent les termes de cette déclaration. Un congrès national des protestants se tint en juillet 1954, durant lequel fut fondé le Comité patriotique de l’Eglise des protestants chinois.

Source : BEIJING INFORMATION N° 46 16 novembre 1981

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